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Franz HELLENS

Fiche fondée sur un dossier rédigé par Robert FRICKX
Dossier L : N° 12, FASCICULE 3

Franz HELLENS
Romancier, poète, essayiste.



Informations générales

Belgique BEL
Né(e) le 08/09/1881 / décédé(e) le 20/01/1972

Biographie

1881, naissance à Bruxelles, le 8 septembre, de Frédéric Van Ermengem. Il est le fils d'Emile Van Ermengem, docteur en médecine, et de Marie Vanderveken, sans profession. Tous deux sont originaires de Louvain, mais résident rue du Midi, nN 137. Emile Van Ermengem sera bientôt nommé professeur de bactériologie à l'Université de Gand et exercera en outre les fonctions de Secrétaire perpétuel de l'Académie de Médecine de Belgique. Il a déjà deux enfants au moment de la naissance de Frédéric : Madeleine et Louis. En 1884 naîtra encore une fille, qu'on prénommera Jeanne, et, en 1893, un fils, François, qui, sous le pseudonyme de François Maret, écrira pour le théâtre.

1886, les Van Ermengem s'installent à Wetteren - petite ville située sur l'Escaut - dans une maison entourée d'un parc et agrémentée d'un étang. Ce décor laissera dans l'esprit d'Hellens un souvenir profond et sera présent dans beaucoup de ses récits.

1893, Frédéric est inscrit au Collège Sainte-Barbe de Gand sous le nom de Fritz Van Ermengem. En quatrième, il décroche le premier accessit en langue française (style). A sa passion pour la musique (il apprenait le piano) vient s'ajouter le goût des lettres.

1895, Fritz est inscrit comme interne au Collège Saint-Joseph de Turnhout. Il continue à se montrer bon élève, particulièrement en littérature française (amplification, narration, discours).

1898, Hellens fait imprimer un recueil de sonnets sous le titre Les grands. Croquis divers, sans nom d'auteur. Déçu par la présentation négligée de la plaquette, il détruit les brochures, à l'exception d'un exemplaire qui figure à la réserve précieuse de la Bibliothèque Albert 1er.

1900, Hellens entame des études de droit à l'Université de Gand.Il découvre la ville qui servira de décor à ses deux premiers livres et où les Van Ermengem se sont fixés depuis 1894. Il publie des poèmes dans diverses revues, dont Le thyrse et La plume et fonde l'Almanach de la Générale gantoise des Etudiants catholiques. Il se lie avec des peintres gantois, esquisse lui-même quelques toiles. Entre 1908 et 1914, il publiera plusieurs articles de critique d'art, et, après un essai sur Gérard Terborch, consacrera des monographies à Ensor, à Spilliaert, à Evenepoel.

1905, Docteur en droit, Hellens, qui ne fut jamais un étudiant très assidu, renonce au barreau dès l'année suivante et entre à la Bibliothèque Royale en qualité de stagiaire. Il s'installe à Ixelles.

1907, Frédéric épouse Marguerite Nyst, qui lui donnera une fille, Claire, deux ans plus tard. Cette union, désavouée par les parents du poète, fut à l'origine de la brouille qui sépara longtemps Frédéric de son père.

1909, Hellens, qui a publié en 1906, une sorte de roman poétique illustré par De Bruycker, En ville morte, fait paraître un recueil de nouvelles expressionnistes, Les hors-le-vent.

1912, publication des Clartés latentes. Vingt contes et paraboles. Hellens est nommé bibliothécaire au Parlement.

1914, invasion de la Belgique par les Allemands. Hellens, qui n'a pas fait son service, n'est pas mobilisable. Il passe en Hollande, demeure quelque temps en Angleterre, puis revient à La Panne en décembre.

1915, à la faveur d'une tournée de conférences, Hellens découvre la Côte d'Azur, et c'est, pour ce «Nordique», la révélation majeure de la lumière, de la couleur, de la joie de vivre. Il séjourne longuement à Nice et à Villefranche, fait la connaissance de Matisse, de Survage, de Modigliani. Il rencontre également Maeterlinck, Jules Romains, les musiciens Rogowski et Christiné, et, par le truchement d'Archipenko, chez qui elle résidait, la fille d'un médecin russe, Maria Marcovna Miloslawski, née à Rostoff le 1er mai 1893. Frédéric aura d'elle un fils, Alexandre, né en 1921, et qui sera tué sur le front, près de Rouen, en 1940. Après avoir divorcé d'avec Marguerite Nyst, il épousera Marie en 1925. Hellens fréquente le Comité polonais de Nice et les milieux révolutionnaires russes. Il écrit beaucoup : des poèmes, des récits, des romans.

1920, Hellens s'installe à Bruxelles avec Marie et reprend ses fonctions de bibliothécaire à la Chambre des Représentants. Il publie Nocturnal, Mélusine, La femme au prisme.

1921, le 1e mai, Hellens fonde la revue Signaux de France et de Belgique, qui deviendra plus tard Le disque vert; celui-ci jouera, de 1922 à 1925, un rôle capital dans l'histoire de nos lettres.

1922, avec l'aide de Marie Miloslawski, Hellens traduit la Confession d'un voyou, de Serge Essenine, qui était venu lui rendre visite à sa maison de la chaussée de Waterloo, en compagnie de son épouse, la danseuse Isadora Duncan.

1925, voyage en Italie avec les Paulhan. Hellens rencontre Ungaretti et Chirico. Il publie plusieurs livres entre 1922 et 1925, parmi lesquels les Réalités fantastiques.

1926, second séjour en Italie. Hellens rencontre Gorki à Sorrente. Publication du Naïf.

1932, décès du père d'Hellens. Très touché par ce deuil, l'écrivain entreprend la rédaction d'un journal, toujours inédit à ce jour. Activité littéraire intense. Hellens obtient, en 1933, le Prix triennal pour les nouvelles de Fraîcheur de la mer; il fréquente les «dîners du lundi» et signe, en 1937, avec Plisnier, Ghelderode et quelques autres, l'important Manifeste du Groupe.

1947, mort de Marie Marcovna. Hellens épouse Hélène Burbulis, une Polonaise, et quitte la Belgique pour s'installer à La Celle-Saint-Cloud, dans la banlieue de Paris, où il séjournera jusqu'en 1971. L'approche de la vieillesse n'entame pas sa fécondité. Il publie encore de nombreux ouvrages, parmi lesquels L'homme de soixante ans, Mémoires d'Elseneur, Les marées de l'Escaut, Poésie complète. L'édition définitive de Mélusine était parue chez Gallimard en 1954; elle vaudra à Hellens le Grand Prix de la Société des Gens de Lettres (1956); en 1964, il obtient le Grand Prix de Littérature française hors de France (Fondation Nessim Habif).

1971, retour d'Hellens à Bruxelles. Bien que sa santé soit menacée, sa compagne disparaît avant lui. Il publie Mes fantômes, avec des dessins de Paul Delvaux, ainsi qu'un épais recueil de vers, Suite. Derniers poèmes (1968-1970) . D'autre part, Jacques Antoine réédite le Disque vert et Raphaël De Smedt réunit les textes de l'important hommage qui paraît en décembre.

1972, Franz Hellens meurt le 20 janvier, dans sa maison de la rue Saint-Bernard, à Bruxelles.

Bibliographie

En ville morte, Bruxelles, 1906.

Les hors-le-vent, Bruxelles, 1909. Plusieurs rééditions.

Les clartés latentes. Vingt contes et paraboles, Bruxelles, 1912. Plusieurs rééditions.

Nocturnal, précédé de Quinze histoires, Bruxelles, 1919.

Mélusine, Paris-Bruxelles, 1920. Edition définitive, Paris, 1952. Rééd., légendes, Éd. Les Éperonniers, Bruxelles.

La femme au prisme, Bruxelles, 1920.

Bass-Bassina-Boulou, Paris, 1922. Rééd., essai, Éd. Académie Royale de Langue et de Littérature, Bruxelles.

Réalités fantastiques, Paris-Bruxelles, 1923. Plusieurs rééditions.

Notes prises d'une lucarne, Paris, 1925. Rééd., essai, Éd. Académie Royale de Langue et de Littérature, Bruxelles.

Oeil-de-Dieu, Paris, 1925. Edition définitive, Paris, 1959.

Le naïf, Paris, 1926. Rééd., roman, Éd. Labor, Bruxelles.

Eclairages 1916-1923, Paris, 1926.

Le jeune homme Annibal, Maestricht-Bruxelles, 1929. Réédition, Paris, 1961.

La femme partagée, Paris, 1929.

Les filles du désir, Paris, 1930.

Documents secrets, 1905-1931, Bruxelles-Maestricht, 1932.

Poésie de la veille et du lendemain 1917-1927, Paris, 1932.

Fraîcheur de la mer, Paris, 1933.

Frédéric, Paris, 1935.

Le magasin aux poudres, Paris, 1936.

Nouvelles réalités fantastiques, Bruxelles, 1943.

Moralités peu salutaires, Bruxelles, 1943.

Fantômes vivants, Bruxelles, 1944. Plusieurs rééditions.

La vie seconde, Bruxelles-Paris, 1945. Réédition, Paris, 1963.

Moreldieu, Paris, 1946. Réédition, Paris, 1960.

Naître et mourir, Paris, 1948.

Miroirs conjugués, Lyon, 1950.

Pourriture noble, Paris-Bruxelles, 1951.

Testament, Paris, 1951.

L'homme de soixante ans, Paris, 1951.

Les marées de l'Escaut, Paris, 1953. Plusieurs rééditions.

Mémoires d'Elseneur, Paris, 1954.

Style et caractère, Bruxelles, 1956.

Les saisons de Pontoise, Paris, 1956.

Dans l'automne de mon grand âge, Neuchâtel, 1956.

Documents secrets 1905-1956, Paris, 1958.

Poésie complète, 1905-1959, Paris, 1959.

Petit théâtre aux chandelles, Paris-Bruxelles, 1960.

L'âge dur 1957-1960, Paris, 1961.

Valeurs sûres, Bruxelles-Paris, 1962.

Herbes méchantes, Verviers, 1964.

La comédie des portraits, Paris, 1965.

Poétique des éléments et des mythes, Paris, 1966.

Le dernier jour du monde, Paris, 1967.

Le fantastique réel, Bruxelles-Paris-Amiens, 1967. Rééd., Éd. Labor, Bruxelles.

Arrière-saisons 1960-1967, Paris, 1967.

Paroles sans musique, Paris, 1969.

Cet âge qu'on dit grand, essai, Éd. Jacques Antoine, Bruxelles, 1970.

Suite, poèmes, Éd. De Rache, Bruxelles.

Un balcon sur l'Europe, essai, Éd. Labor, Bruxelles.

Modigliani, le voyant, art, Éd. Jacques Antoine, Bruxelles.

Contes et nouvelles ou les souvenirs de Frédéric, nouvelles, Éd. Jacques Antoine, Bruxelles.

Sainte-Marie de Woluwé la misérable, histoire, Éd. Jacques Antoine, Bruxelles.

Pour une bibliographie plus complète, on se reportera aux travaux de Raphaël DE SMEDT, et particulièrement à sa notice sur Hellens publiée dans la Bibliographie des écrivains français de Belgique 1881-1960, t. 3, Palais des Académies, Bruxelles, 1968.

A consulter

L'oeuvre de Franz Hellens, numéro spécial de La Nervie, Braine-le-Comte, 1932.

M. J. HACHELLE, L'oeuvre de Franz Hellens, essai bibliographique, critique et iconographique, Éd. Un violon d'Ingres, Bruxelles, 1937.

P. MERAL, G. UNGARETTI et V. LARBAUD, Franz Hellens ou la transfiguration du réel, Éd. Les écrits, Bruxelles, 1943.

Hommage à Franz Hellens, numéro spécial de Marginales, n°22, mars 1951.

J. de BOSCHERE, M. MANOLL et G. LE CLEC'H, Franz Hellens, Éd. Henneuse, Lyon, 1956.

Franz Hellens, l'oeuvre et l'homme, numéro spécial de Synthèses, n°125, octobre 1956.

Le dernier «Disque vert», Hommage à Franz Hellens, Éd. Albin Michel, Paris, 1957.

Franz Hellens, les meilleures pages présentées par A.AYGUESPARSE, Éd. La Renaissance du Livre, Bruxelles, 1959.

A.AYGUESPARSE, Franz Hellens, essai critique, Éd. La Renaissance du Livre, Bruxelles, 1961.

A. GRISAY, L'oeuvre de Franz Hellens, Éd. de l'Essai, Liège, 1962.

A. LEBOIS, Franz Hellens, Éd. Seghers, Paris, 1963.

R. POUILLIART, Le premier drame de Franz Hellens. Notes sur l'histoire d'un texte, in Regards sur les lettres françaises de Belgique, Éd. A. De Rache, Bruxelles, 1976, p. 189-200.

Franz Hellens. Recueil d'études, de souvenirs et de témoignages offert à l'écrivain à l'occasion de son 90e anniversaire, Éd. A. De Rache, Bruxelles, 1971.

R. DE SMEDT, Franz Hellens et le problème des lettres française de Belgique, in Etudes de littérature française de Belgique, Éd. J.Antoine, Bruxelles, 1978, p.191-197.

Michel OTTEN, Lectures de Mémoires d'Elseneur de Franz Hellens, in Études de littérature française de Belgique, Éd. J. ANTOINE, Bruxelles, 1978, p.179-189.

R. DE SMEDT, La collaboration de Franz Hellens aux périodiques de 1899 à 1972. Bibliographie descriptive, Archives et bibliothèques de Belgique, Bruxelles, numéro spécial, 1978.

R. FRICKX, Franz Hellens ou Le temps dépassé, Éd. Palais des Académies, Bruxelles, 1992.

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